Shalom europa > Presse > Talents israéliens sur la Croisette par Sandrine Bendavid

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Le Festival de Cannes 2009 va dérouler son tapis rouge du 13 au 24 mai.

Une 62e édition qui s'annonce particulièrement internationale et diversifiée, et accorde une place de choix à l'industrie du film israélienne.

 52 longs métrages, 32 nationalités et 46 premières mondiales au total, sur 1 670 films visionnés par le comité de sélection. Avec, tout d'abord, en sélection officielle, deux longs métrages israéliens, dont le très attendu Jaffa (titre hébreu Kalat Hayam) de Keren Yedaya (Mon Trésor, Caméra d'Or à Cannes en 2004), avec Ronit Elkabetz, Dana Ivgi et Moni Moshonov dans les rôles principaux.

Situé au cœur de Jaffa - surnommée par les Israéliens "la fiancée de la mer" - le garage de Reuven est une affaire familiale. Il y emploie sa fille Mali et son fils Meïr, ainsi que Toufik et Hassan, un jeune Palestinien et son père. Personne ne se doute que Mali et Toufik s'aiment depuis des années. Alors que les deux amants préparent en secret leur mariage, la tension monte entre Meïr et Toufik...

Keren Yedaya n'était pas revenue sur la Croisette depuis le succès de Mon Trésor, il y a cinq ans, avec le même couple d'actrices à l'affiche, un film auquel le succès du cinéma israélien en France ces dernières années doit beaucoup. Le second "heureux élu" israélien de la Croisette est Haïm Tabakman. Son premier long métrage Eyes Wide Open, qu'il interprète aux côtés du célèbre Ran Danker (de la série israélienne Hashir Shelanou), promet de rester dans les mémoires.

Ce film raconte une histoire d'amour homosexuelle interdite dans le milieu juif orthodoxe de Jérusalem, celle d'Aaron, un boucher marié et père de quatre enfants, et d'Ezri, étudiant en yeshiva, dont il tombe amoureux en dépit de sa famille et de sa communauté. Culpabilité, douleur et pression sociale vont conduire cette belle idylle vers une fin tragique.

Un sujet grave, inhérent à toutes les sociétés orthodoxes. On attend beaucoup de ce film qui concourt dans la catégorie Un Certain Regard. Cinq films courts en lice.

En dehors du cinéma israélien, le thème des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale - sujet phare, s'il en est, du cinéma américain 2009 (avec de nombreux films comme Les Insurgés d'Edward Zwick ; Adam ressuscité de Paul Schrader ; Le Petit Garçon en pyjama rayé de Mark Herman ; Walkyrie avec Tom Cruise...) sera présent aussi dans cette sélection officielle, avec le dernier film de Quentin Tarantino. Inglorious Basterds débute dans la France occupée où Shoshanna Dreyfus (Mélanie Laurent) assiste à l'exécution de sa famille par le colonel nazi Hans Landa (Christoph Waltz). Shosanna parvient à s'échapper pour se retrouver à Paris où elle se construit une nouvelle identité en tant que gérante d'un cinéma. Ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt) forme un groupe de soldats juifs spécialisés dans des actions ciblées et risquées. Connus sous le nom de The Basterds, Raine et ses hommes vont faire équipe avec l'actrice allemande et agent double Bridget Von Hammersmark (Diane Kruger) pour tenter d'assassiner les leaders du Troisième Reich. Et ainsi croiser Shosanna qui mène sa propre vendetta...

Un film dont la sortie a été longtemps retardée pour le plus grand plaisir des festivaliers, qui auront droit à une nouvelle montée des marches des Brangelinas' (Brad Pitt/Angelina Jolie), le couple le plus glamour de la Croisette. Pas de participation israélienne pour l'instant à la Quinzaine des réalisateurs et à la Semaine de la Critique 2009, mais Jean-Pierre Bacri dans une première mondiale de Nassim Amaouche intitulée Adieu Gary, et Zabou Breitman, dans le film français de Mathias Gokalp, Rien de personnel, qui inaugurera l'édition 2009 de la Semaine de la critique. Les jeunes talents du cinéma israélien seront largement représentés au festival du court cannois - le Short Film Corner - avec six réalisations :

- Enaim de Romi Aboulafia (London Film School), le voyage d'une jeune fille dans les milieux de la nuit à Tel-Aviv sur les traces de son père 

- Rock and Water, de Yaël Shulman, un court qui promeut le dialogue interreligieux à travers l'histoire d'un jeune adepte des arts martiaux 

- An Old Scam, d'Avi Weissblei, une comédie sur l'élixir de la jeunesse éternelle 

- Yeladim, de Youla Gidron (Hamidrasha Bet-Berl), l'histoire de quatre adolescents qui font l'école buissonnière pour partir à la découverte de Tel-Aviv

- Kmo Lirkav Al Ofanaim d'Ahlam Hosaisy, Moran Palgy et Naama Paran, un film social sur le village druze de Daliat El-Carmel

- Lehaïm Israël, de Michèle Pinczuk, qui a demandé à des survivants de la Shoah quel cadeau d'anniversaire ils aimeraient offrir à Israël pour ses soixante ans. Rendez-vous sur la Croisette...